Poems

Mots ris, tant niés!

Aux carrefours rougis de Nouakchott,
Les arrogances sans socles aux volants;
En trombe sur les chemins en nids-de-poule,
Vers on ne sait quelles vaporeuses occupations.

Dans un des intérieurs opulents de l'ilot de richesse
De la capitale, les lèvres pincées de la dame
En basin riche, psalmodient les éternelles litanies,
Les doigts gonflés de métaux précieux
Cachant difficilement le rubis sous le tapis.

Au pays du million de «pouêt-pouêt»,
Du demi-million de phares xénon,
Et des milliards de grains de sable,
Les imprécations sur l'Un s'emboîtent
Aux litanies sur les vertus de la luxure.

Tant de foi greffée sur la moelle de la cupidité,
Entre comptes et ventres bien garnis!
Tant d'émois sur le compte de la morale
Quand celle-ci vacille dans les limbes dorés!

Dans les intimités de ces crépuscules,
Les pensées noircissent, chauffées à blanc.
Lorsque pour les éclaircir, on retourne à la solitude,
​On y trouve l'ombre qu'elle y a répandue.

Share this poem

view comments

Comments (0)

No comments yet - be the first:

Leave a comment